Auto-sabotage : Un ennemi en nous

L’auto-sabotage : La définition

L’auto-sabotage est cette tendance à nous mettre des bâtons dans les roues tout au long du chemin en direction de nos objectifs.  C’est cette petite voix intérieure qui tente de nous décourager de prendre des risques sur les projets et ambitions que l’on peut avoir en nous rappelant nos déceptions et nos échecs. Cette petite voix, souvent inconsciente, que l’on peut nommer « notre saboteur » dévalorise, critique, juge nos envies. A l’origine, cette petite voix veut seulement nous mettre en garde contre les dangers potentiels de certaines situations. Mais sous l’influence de notre environnement, de notre éducation, des expériences négatives vécues, de blessures émotionnelles, de l’estime de nous-même, elle nous inonde de pensées négatives qui nous éloignent de ce que nous souhaiterions réaliser.

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L’auto-sabotage est reconnu aujourd’hui comme un facteur d’échec dans la vie professionnelle mais aussi dans les objectifs de vie personnelle. C’est en quelque sorte nous empêcher nous-même d’obtenir ce que l’on souhaite dans la vie : par exemple, prendre de bonnes résolutions ou bien définir un objectif de vie et nous rendre compte  que les actes que nous posons ensuite ne sont pas en adéquation avec nos choix. L’auto-sabotage affaiblit notre persévérance, notre volonté, détruit notre motivation et nous fait sombrer dans le découragement

L’auto-sabotage est de plus en plus considéré comme une démarche auto-destructive. Les personnes victimes de cet  état, s’empêchent de réussir en adoptant des comportements négatifs tels que la procrastination, la négation des besoins, l’inconstance, l’oubli, l’absence de prise de décision, la dispersionL’auto-sabotage représente l’ennemi que nous portons en nous.  Comme nous l’avons vu précédemment, certes, dans une certaine mesure, il nous protège à court-terme de l’échec mais il nous empêche surtout tout simplement de réussir. Il génère une sensation constante d’incertitude.

 

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L’auto-sabotage : Les différents types

1 – La négation de nos propres besoins est le 1er type d’auto-sabotage et l’un des plus fréquents. Il se cache derrière des petites phrases telles que : « ça ne m’intéresse pas », « je n’en veux pas », « je m’en fiche », « je n’en ai pas envie », « peu importe »… C’est une manière de nous protéger d’un échec et de l’acceptation du fait que nous devons travailler pour améliorer nos capacités ou bien de nous protéger d’une réussite et de l’acceptation du fait que nous pouvons accéder à plus et que nous méritons une reconnaissance.

Dans cette situation, l’auto-sabotage se produit quand nous nions un besoin personnel ou bien quand nous nions vouloir atteindre un objectif de manière inconsciente. Il est alors important de bien différencier s’il s’agit de la peur de ne pas être à la hauteur ou bien s’il s’agit d’un but qui ne nous intéresse vraiment pas. C’est de cette manière que nous allons pouvoir commencer à nous protéger de l’auto-sabotage.

2 – La procrastination, soit reporter à plus tard ce que nous pouvons faire maintenant, nous fait remettre indéfiniment la réalisation d’une tâche. C’est une fâcheuse habitude toxique : un mécanisme de défense qui nous laisse à penser que nous avançons dans la direction de notre but alors qu’en réalité, il nous empêche de vivre les expériences et par là-même d’atteindre notre objectif. Il s’agit bien là d’auto-sabotage.

3 – L’inconstance qui consiste à commencer un projet et à l’abandonner dès les premières difficultés. C’est le masque le plus fréquent de l’auto-sabotage. La constance est une capacité que nous devons entretenir et développer au fur et à mesure et au quotidien sans quoi nous nous exposons à vivre des échecs et à nous limiter nous-mêmes.

Si nous abandonnons la tâche alors qu’elle n’est qu’à moitié faite, nous ne pouvons savoir si nous l’avons bien réalisée ou non. De plus, il est possible aussi que nous puissions bien effectuer la tâche mais que nous ne sachions pas gérer « la réussite ». Le rôle de l’auto-sabotage peut être double : soit ne pas pouvoir porter de jugement sur une tâche parce que celle-ci n’a pas été réalisée, soit ne pas valoriser la réussite car nous pensons ne pas la mériter à titre personnel.

4 – L’absence de prise de décision est un autre masque de l’auto-sabotage. Prendre clairement une décision nécessite d’endosser un certain degré de responsabilité variable selon l’importance de la décision. Or l’auto-sabotage nous empêche de prendre des décisions en nous faisant éviter de ressentir la moindre responsabilité. Ainsi, ne pas prendre de décisions nous place en position de spectateur de notre vie au lieu d’être acteur de notre vie et d’en prendre les commandes. Cette attitude passive renforce en nous l’idée que nous ne sommes pas suffisamment bien, pas suffisamment à la hauteur et que nous ne pouvons donc légitimement aspirer à plus de choses.

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L’auto-sabotage : Les causes

Trois raisons essentielles ont pour conséquence l’auto-sabotage :

  • Un mode de fonctionnement basé sur l’évitement : Confrontés à une difficulté, les humains comme les animaux se trouvent face à trois choix : Eviter le problème, l’affronter ou encore le remettre à plus tard. Eviter le problème revient à nous convaincre qu’il ne nous dérange pas, ne nous affecte pas et nous ne nous en occupons pas. Ou bien encore, adopter une attitude passive en attendant de voir comment cela se passe, comment le problème va se dérouler en le reportant à plus tard. Enfin, affronter le problème consiste à chercher une solution pour le résoudre. Prendre notre temps et ne rien faire est souvent une stratégie efficace pour trouver des solutions et résoudre des problèmes. Cependant, reporter indéfiniment des évènements finit par diminuer l’estime de nous-même. Si, lors de notre adolescence ou au début de notre vie d’adulte, nous fonctionnons en évitant de manière répétée des situations qui pourraient nous permettre d’acquérir de nouvelles connaissances, capacités et facultés, alors nous prenons le risque de développer un patron de personnalité évitante*.   Or ce n’est pas parce que nous n’avons pas les facultés adéquates à une situation que cela signifie que nous ne sommes pas capables de l’affronter. La  personne peut tout à fait trouver les capacités de surmonter la situation ou encore de grandir personnellement…. Il est pour cela indispensable qu’elle cesse d’éviter de douter de ses capacités et qu’elle se donne une chance de grandir en tant que personne. Sans défi, nous n’évoluons pas.                                                                                    *La personnalité évitante est une personne qui a cette mauvaise habitude d’éviter les situations. Elle est persuadée qu’elle n’a pas les facultés de faire face à cet évènement. Elle se sent incapable de surmonter les défis et se sent limitée.
  •  Une estime de soi faible : Si nous avons une faible appréciation de nos caractéristiques, cela revient à dire que nous nous aimons peu et dès lors que nous ne nous aimons pas beaucoup, nous avons cette tendance à douter de nos capacités. C’est ainsi que s’entretient le lien étroit entre auto-sabotage et estime de soi faible. Si nous nous aimons peu, au fond de nous, nous pensons que nous ne méritons pas d’opportunité, que nous ne serons pas à la hauteur ou bien que nous ne sommes pas assez courageux pour atteindre un objectif ou aspirer à tel ou tel but. Et à cause de toutes ces pensées, nous avons une faible estime de nous-même et nous ne nous donnons pas l’opportunité de grandir ni de mettre en action des petites choses pour grandir.

« La tâche que nous devons effectuer n’est pas celle qui consiste à être sûrs de nous, mais celle qui consiste à être capables de tolérer l’insécurité. »

Erich Fromm

  • Un environnement hyper-protecteur : Lorsque nous grandissons dans une famille hyper-protectrice,qui veut nous protéger « des dangers » du monde,  deux messages nous sont envoyés. Ces messages concernent nous-même mais aussi nos capacités. Le premier message nous indique que notre famille est là pour nous, elle nous aime, nous protège et nous ne sommes pas seul. Le second nous transmet que le rôle de notre famille est de nous protéger et nous aider car seul nous ne pouvons pas y arriver car nous ne sommes pas assez fort. C’est ce second message qui favorise l’auto-sabotage. En effet, si la protection de la famille est excessive, nous devenons dépendant des autres pour pouvoir nous sentir sûr de nous et capable d’affronter les défis. Ainsi, lorsque nous arrivons à l’âge adulte et que la protection familiale s’estompe, nous avons des difficultés à devenir indépendant et pour nous protéger, l’auto-sabotage apparaît puis se renforce et est de plus en plus présent…

 

L’auto-sabotage : Les effets

L’auto-sabotage agit comme un serpent qui se mort la queue. C’est comme si nous étions enfermé dans un cercle vicieux à tourner indéfiniment en rond. En effet, si nous ne nous donnons pas des opportunités, alors nous ne nous défions pas nous-même et par conséquence, nous ne nous développons pas personnellement. Nous perdons ainsi l’occasion d’acquérir de nouvelles capacités et/ou d’améliorer celles que nous possédons déjà. Et nous continuons de croire que « nous ne pouvons pas » ou ne voulons pas » ou « n’y arrivons pas »…serpent

En réalité, nous avons tous au fond de nous un petit côté d’auto-sabotage et nous devons apprendre à vivre avec. Ce petit « boycotteur » nous fait douter indéfiniment en nous faisant entendre que nous ne sommes pas capable d’atteindre nos buts et en nous maintenant dans notre zone de confort. Il nous faut apprendre à écouter nos doutes et à avancer avec sans nous laisser « embarquer » par ce saboteur.

 

L’auto-sabotage : Les techniques pour s’en débarrasser

Il s’agit d’un système qui se perpétue lui-même : il est donc indispensable deenchaîner détecter sa présence et de rompre le cercle vicieux qui le fait se maintenir en place.

Le premier point important est de reconnaître que l’on souffre d’auto-sabotage. Ensuite, il est essentiel de bien prendre en compte que ce n’est pas nous-même qui parlons mais bien notre saboteur intérieur : Cette petite voix qui critique, juge, dévalorise n’importe lequel de nos projets, objectifs, ambitions… et qui nous fait nous sentir déprimé, triste, stressé, anxieux. Il devient ensuite plus facile de reprendre progressivement les commandes de nos pensées même si cela peut demander du temps et de la patience. Certains exercices peuvent nous aider à venir à bout de notre critique intérieure et à rompre le cercle vicieux de l’auto-sabotage à condition de les pratiquer au quotidien, soit seul, soit avec l’aide d’un thérapeute :libérer

  • Imaginer ce que l’on dirait à notre meilleur ami si c’était lui qui se parlait ainsi.
  • Améliorer l’estime de nous-même
  • Détecter nos points forts et identifier nos points faibles pour pouvoir les améliorer
  • Nous projeter dans la réussite de nos projets.
  • Trouver des pensées alternatives, positives face aux pensées critiques.
  • Lister et relire chacune de nos capacités et qualités.
  • Passer à l’action en nous rappelant que trop d’analyse paralyse et empêche l’action.

Si nous ne faisons rien, nous ne réussirons rien. Si nous passons à l’action, nous nous offrons l’opportunité de réussir. Passer à l’action est la seule option qui existe pour réussir, même si nous sommes imparfait.  

 

Surtout, nous devons nous donner une chance :

 

treffle chance

c’est la clé principale pour vaincre l’auto-sabotage.

 

 

 

 

 

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