Cerveau et procrastination

Procrastination

Notre cerveau est le siège de notre personnalité, de nos émotions, de nos pensées… Il renferme nos souvenirs et nous permet d’acquérir de nouvelles connaissances, de nouveaux savoir-faire et tout simplement de communiquer apprentissagetant qu’à travers des messages subtiles que des messages simples. Sans lui, nous ne pourrions apprendre. Mais le cerveau peut aussi nous induire en erreur et nous faire faire de mauvais choix ou bien encore nous entraîner addictiondans la spirale infernale des addictions. 

(Extrait du livre « Mon cerveau superstar » – Kaja Nordengen).

 

 

Plus précisément, en cas de procrastination, c’est à notre cerveau que nous pouvons nous en prendre…mais c’est aussi lui que nous pouvons remercier lorsque nous effectuons des tâches dans le temps avec justesse et efficacité. Nous avons vu, dans des articles précédents, que la procrastination consiste à repousser à plus tard des contraintes que nous avons à effectuer, contraintes pour lesquelles nous manquons de motivation quand bien même ce report génère stress, mauvaise conscience, moindre efficacité voire conséquences négatives sur nous-même. En fait, la procrastination est un effet secondaire de la classification des tâches que nous établissons selon un degré de priorité.

classification.

 

Fonctionnement du cerveau

Aucun d’entre nous n’est né « procrastinateur ». Ce qui détermine si nous pouvons mettre en oeuvre des actions ou bien au contraire si nous sommes dans l’inaction et le report continuel des contraintes, c’est la façon dont les signaux circulent entre nos neurones.  Certains systèmes neuronaux peuvent se former, d’autres peuvent être défaillants. Le cerveau fonctionne ainsi, des changements physiques ont lieu selon les apprentissages que nous appréhendons. C’est de cette manière que nous changeons par exemple nos comportements.

cerveau

Plus précisément, les personnes qui travaillent dur libèrent beaucoup de dopamine au niveau du cortex préfrontal et des noyaux gris centraux. Ces deux régions sont des zones importantes pour la motivation comme l’est également la dopamine, neurotransmetteur, dont le rôle est essentiel dans la motivation mais aussi dans le sommeil, la mémoire, l’apprentissage, l’attention et la récompense. L’objectif de la dopamine est de nous donner la motivation pour obtenir un résultat positif ou pour éviter quelque chose de négatif. Elle entre en scène avant l’obtention de la récompense ou l’éviction. Mais il ne suffit pas que la dopamine augmente dans le cerveau, elle doit s’accroître au bon endroit, soit dans une partie des noyaux gris centraux appelée noyau accumbens. Cette augmentation nous permet d’anticiper la future récompense. Le cerveau reconnait qu’un évènement important est sur le point d’arriver et il déclenche la motivation à sa mise en oeuvre.

Les procrastinateurs, qui peuvent être perçus comme des fainéants, ont plutôt tendance à « traîner » et reporter les actions à plus tard… Ils ont un niveau de dopamine moins élevé dans le lobe frontal mais plus important dans l’insula, écorce cérébrale située derrière le lobe temporal. Pour contre-verser cet état, il faut  augmenter le niveau de dopamine dans les zones concernées par la motivation, soit dans le noyau accumbens. Il est possible d’entraîner notre cerveau cerveau.à libérer une dose de dopamine dès lors que nous atteignons nos objectifs en connectant la réponse de la dopamine à la tâche accomplie que nous voulons récompenser. Concrètement, chaque fois que nous réalisons un but, que nous relevons un défi, même petit ou partiel et que nous récompensons cette action, la dopamine afflue comme preuve que le système de récompense de notre cerveau s’est mis en marche.

Cela parait tentant et nous aimerions bien le mettre en application….mais pas tout de suite car si nous sommes un procrastinateur, nous décidons de le repousser à plus tard. Nous préférons la satisfaction à court terme.

 

Mise en pratique

Les tâches que nous remettons toujours à plus tard possèdent certaines caractéristiques : ce sont les tâches répétitives, théoriques, celles qui exigent un admiistratifcontrôle de soi plus important que les tâches plus variées et d’ordre plus physique. En outre,footballer plus le délai pour mettre en oeuvre cette tâche est long, plus la tâche nous paraît difficile ou ennuyeuse, moins nous aurons envie de l’effectuer et plus nous aurons tendance à procrastiner.

 

 

L’une des solutions pour venir à bout de la procrastination est de fractionner la tâche entière en petites parties pour obtenir des objectifs plus petits.

Une autre aide possible est de stopper un moment notre tâche théorique ennuyeuse pour effectuer une tâche physique plus agréable et qui peut dans le même temps faire office de récompense. De cette manière, nous effectuons d’une pierre, deux coups, en réalisant les deux tâches et en nous récompensant.

Il est également essentiel de prendre le temps de bien se représenter ce que la tâche rébarbative, ennuyeuse…. peut nous apporter en terme d’économie, de satisfaction personnelle, d’intérêt à long terme, lorsque nous l’aurons réalisée et devenir ainsi plus attrayante. Le plaisir de la récompense à venir est souvent sous-estimé par rapport à celui de la récompense immédiate !

Enfin, tout simplement aussi, la reconnaissance de l’importance d’atteindre sur le long terme des buts importants pour nous-même peut nous donner la motivation au quotidien pour faire preuve de volonté, de courage et de persévérance face à des tâches que nous rechignons à accomplir.

Pour en savoir plus sur l’organe le plus fascinant :  « Mon cerveau superstar »de Kaja Nordengen aux éditions Eyrolles.