Procrastination : Définition

La procrastination, mais qu’est-ce que c’est ?

La procrastination, c’est remettre constamment au lendemain ce que nous devrions faire le jour même. Nous décalons ce que nous devons faire immédiatement à quelques heures plus tard ou au jour suivant ou encore au surlendemain etc…
Nous vivons ce que nous considérons comme un trait de notre caractère comme une fatalité qui pourtant n’en est pas une ! C’est un immobilisme vécu comme un rempart à l’échec mais aussi à la réussite : En ne tentant rien, nous ne prenons aucun risque mis à part ne rien faire.procrastiner
A ce retard dans les actions à faire, s’ajoute la perception d’une grande fatigue, d’un épuisement et ce sentiment génère l’idée de reporter à plus tard, « quand nous serons moins fatigué », ce que nous avons à faire. Cependant, l’idée même d’avoir reporté à une date ultérieure une action à accomplir peut engendrer un stress très important voire déclencher des attaques de panique. Dans cet état de procrastination, nous pouvons facilement nous sentir bien. C’est un ressenti qu’ont souvent les personnes ayant vécu des dépressions. Plus l’intensité de la dépression est importante et plus nous cherchons à nous déconnecter de la réalité, au risque de nous laisser entraîner dans des addictions, jeux, alcool, tabac,  produits…..
 
La psychologue, Christine Li, explique dans un article sur la procrastination que c’est souvent la peur qui crée la procrastination. Elle précise que la peur d’échouer, la peur de recevoir des critiques ou bien tout simplement le stress se dressent contre nous, bien que nous puissions être motivés à accomplir la tâche. En quelque sorte, nous voulons bien  terminer le travail mais nous ne voulons pas que la peur deviennent réalité. C’est pourquoi nous repoussons au lendemain des projets à rendre ou des tâches à effectuer.
 
 En effet, procrastiner peut compliquer sérieusement la vie personnelle et professionnelle. Comment expliquer cette fâcheuse habitude ?
 
 

Comment les neurosciences expliquent-elles la procrastination ?

 Selon les neurosciences, la procrastination est la valeur nette entre la récompense et l’effort.procrastination.

Le Professeur Richard Lévy, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris explique que la procrastination n’est pas le syndrome pas plus que le symptôme d’une quelconque pathologie ». Les neurosciences précisent que avant d’agir, l’individu évalue en permanence la valeur de chaque action selon le contexte pour mesurer le rapport récompense/effort ou le rapport bénéfice/effort. Le résultat est très subjectif puisque ce n’est pas l’effort en lui-même qui est estimé mais davantage la représentation de l’effort que la personne évalue. De plus, en fonction du temps, cette valeur va varier.

 A  » l’Institut du Cerveau et de la moelle épinière « , Mathias Pessiglione, responsable de l’équipe « Motivation, cerveau et comportement » nous apporte des précisions sur le fonctionnement du cerveau et plus particulièrement sur deux mécanismes. D’un côté, deux régions cérébrales, la dopamine, neuromodulateur d’une part et le cortex orbitofrontal avec le striatum ventral d’autre part, constituent le système du circuit de la récompense. De l’autre côté, trois zones, l’insula, la sérotonine et le cortex cingulaire contribuent au fonctionnement du système du circuit de l’effort. Le premier mécanisme évalue le bénéfice de l’action, le second, le coût de l’effort. Ainsi, le rapport des deux mécanismes va dégager la valeur nette. Celle-ci permet au cerveau de décider de s’engager ou pas dans l’action. De plus, les deux systèmes dévaluent avec le temps : ainsi, un effort reporté est moins pénible qu’un effort immédiat et une récompense reportée sera moins attractive qu’une récompense immédiate.

EXPERIENCE :    La valeur varie selon le temps…            procrastine                         

Des résultats obtenus par imagerie cérébrale et mis en place chez des procrastinateurs par l’équipe de Mathias Pessigilione, montrent que le mécanisme des efforts dévalue nettement plus vite que celui de la récompense. Ainsi, reporter une action au lendemain est préférée parce que, différée d’une journée, le coût semble largement atténué par le fait même de différer l’action au lendemain. La récompense, quant à elle, reste pratiquement la même, que l’action soit réalisée sur le champ ou différée au lendemain. Le rapport des deux, c’est à dire la valeur nette sera donc plus grande si l’action est différée plutôt qu’immédiate.

 

La procrastination serait-elle inscrite dans nos gènes ?

Selon une étude de l’Université du Colorado, la procrastination serait en effet inscrite dans notre patrimoine génétique. Telle serait la conclusion de cette étude, réalisée sur des jumeaux, qui proposait un questionnaire d’évaluation sur la capacité à se fixer des buts et s’y tenir d’une part,  sur la tendance à différer les tâches au lendemain d’autre part et enfin sur l’impulsivité.
 

Quel lien entre impulsivité et procrastination ?

L’étude précédente a également mis en avant une interaction entre l’impulsivité et la procrastination. En résumé, les personnes qui se laissent plus facilement aller à la procrastination agiraient de façon plus spontanée et impulsive. Les récompenses et le plaisir direct, à court terme, seraient plus favorisés par ces personnes que les récompenses à plus long terme.procra-impulsivitéproscra-colère

Impulsivité : L’impulsivité est la caractéristique du système qui évalue la récompense. Elle est propre à chaque individu. Ainsi, certains vont préférer une récompense différée « plus importante » pendant que d’autres vont s’intéresser à une récompense immédiate.

 

 

Quelles sont les conséquences directes de la procrastination ?

Outre une perte d’énergie et de temps considérables, la procrastination est aussi responsable d’un stress élevé. En effet, reporter continuellement la réalisation d’une tâche est non seulement très fatiguant mais  génère en plus beaucoup de stress et d’angoisse.
 
Diane Ballonad Rolland, dans son livre « J’arrête de procrastiner ! », affirme que nous corrélons beaucoup trop souvent notre propre valeur à nos actes. Il est en effet très important de bien faire la distinction entre ce que nous sommes et ce que nous faisons. Ainsi, en cas d’échecs ou d’erreurs répétés, nous considérons que nous ne valons plus rien. Au contraire, plus nous obtenons de réussites, plus notre valeur nous semblera élevée. Essayons de porter un autre regard sur nous-même. « Nous ne sommes pas ce que nous faisons ! ».  Diane Ballonad Rolland, préconise dans son livre de nous répéter à voix haute et jusqu’à nous en convaincre : « Je ne suis pas ce que je fais « .

 

Brian Tracy, quant à lui, conseille dans son livre « Avalez le crapaud!: 21 bons moyens d’arrêter de tout remettre au lendemain », de commencer par les tâches les plus désagréables afin de nous dégager l’esprit. C’est ce qu’il appelle « Avaler le crapaud ». Selon lui, il est également utile de morceler les tâches à effectuer lorsqu’elles paraissent trop difficiles. Il est en effet important, comme nous l’avons déjà vu ci-dessus, de nous fixer des buts atteignables.

Et essayons de garder à l’esprit :

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles » – Sénèque -

 

Comment lutter contre la procrastination chronique ?

Comme nous l’avons vu précédemment via les neurosciences, la procrastination n’est pas répertoriée au rang des pathologies. Certes, elle peut être associée à des pathologies mais elle peut aussi être présente sans aucune maladie. Elle n’est pour autant pas à prendre à la légère. En effet, la procrastination est, de manière bien évidente, la manifestation d’une inquiétude et angoisse importantes. En effet souvent un perfectionniste se cache derrière un procrastinateur. Un individu perfectionniste qui a peur d’échouer, qui se fixe des objectifs inatteignables ou irréalistes et qui souffre d’une mauvaise estime de lui-même.procrastine.

Dans son livre, « Comment ne pas tout remettre au lendemain », Bruno Koeltz, nous explique que le fait de différer constamment une tâche à plus tard, « crée un handicap qui fournit une excuse en cas d’échec, c’est à dire dans l’hypothèse où les performances à venir ne seraient pas à la hauteur des performances attendues ou souhaitées ».

Fort heureusement, des solutions existent pour essayer de pallier à ce problème avec de la patience et du courage. Comment ne pas remettre à demain les choses faisables le jour même ? Il va falloir chercher l’effet déclencheur pour nous désensibiliser de cette mauvaise habitude…

Dans l’article du mois prochain, nous proposerons quelques solutions  parmi d’autres afin de… ne pas repousser à plus tard  le changement de cette mauvais habitude !