Troubles alimentaires et émotions

Lien entre troubles alimentaires et émotions

Pour la majorité des personnes qui souffrent d’un trouble alimentaire, de fausses croyances sont bien ancrées en elles. Ces personnes sont beaucoup dans la dychotomie. C’est tout ou rien, les aliments sont bons ou mauvais, ils engraissent ou ils amaigrissent… Il n’y a pas de juste milieu.

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Quels sont ces troubles alimentaires ?

Les deux plus connus sont la boulimie mentale et l’anorexie mentale. L’hyperphagie boulimique, beaucoup moins connu, est cependant le trouble le plus répandu et le plus sournois parce qu’il fait trois fois plus de victimes que l’anorexie.

Définition des 3 troubles :

Selon le DSM IV*,  la boulimie est caractérisée par l’absorption d’une quantité de nourriture importante dans une période limitée (souvent moins de 2 heures). A cela, s’ajoute le sentiment pendant la crise, d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire (ne pas pouvoir contrôler la quantité de ce que l’on mange ou ce que l’on mange ou de ne pas pouvoir s’arrêter de manger).
Très fréquemment, la personne va adopter des comportements compensatoires inappropriés tels que des vomissements, l’utilisation abusif de laxatifs ou de diurétiques, la pratique excessive d’une activité physique, le jeûne… Ces comportements visent à prévenir la prise de poids.

L’anorexie mentale, selon le DSM-IV, est une peur intense de prendre du poids et Boulimie, Anorexie Mentale, Magerwahnlerefus de maintenir un poids minimum normal avec une altération de la perception de la forme et de la taille du corps. La préoccupation très élevée de l’apparence physique entraîne des restrictions alimentaires drastiques et souvent dangereuses.Le contrôle exercé par la personne qui souffre d’anorexie sur son alimentation est excessif : Une lutte quasi permanente contre le souhait et le besoin de s’alimenter afin de produire une perte de poids graduelle.

L’hyperphagie boulimique, selon le DSM-IV, est caractérisée par une perte de contrôle de l’alimentation, qui va entraîner des crises récurrentes de boulimie, c’est à dire de consommation abusive de nourriture. La différence avec la boulimie est que la personne qui souffre d’hyperphagie n’adopte pas de comportement pour compenser cette absorption massive de calories. La nourriture ingurgitée ne relève pas d’un besoin énergétique ou métabolique mais de causes psychologiques et/ou psychiques.

On estime que 3 % de la population en souffre, ce qui en fait le trouble alimentaire le plus répandu.

 

Lien entre les troubles du comportement alimentaire et perfectionnisme

Récemment, des chercheurs canadiens ont découvert un lien entre le perfectionnisme et les TCA (Troubles des Conduites Alimentaires) et plus particulièrement la boulimie. Ils pensent que les médecins devraient s’attarder tout autant sur les aspects psychologiques que sur les aspects physiques de la boulimie. En effets, les résultats de cette étude effectuée auprès de 4665 participants, montrent chez ces derniers une forte tendance au perfectionnisme. Les chercheurs pensent que traiter le perfectionnisme aussitôt que possible pourrait aider à diminuer le développement de la boulimie. Selon eux, le traitement des causes psychologiques et émotionnelles des troubles alimentaires doit faire partie intégrante de la prise en charge des personnes qui en souffrent. D’autant que d’autres problèmes graves comme la dépression, l’abus d’alcool, le syndrome du stress post traumatique, le suicide… accompagnent souvent les troubles du comportement alimentaire.

 

Le docteur Jean-Philippe Zermati, médecin nutritionniste, thérapeute comportementaliste, spécialiste des troubles alimentaires et auteur d’ouvrages qui prônent l’art de ne pas faire de régime, est convaincu qu’à force de tout vouloir contrôler en matière d’alimentation, nous finissons par ne plus rien contrôler du tout…

Son dernier livre nous explique pourquoi…

« Osez manger, libérez-vous du contrôle »